Idées reçues sur le cancer et ses causes

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TESTEZ VOS CONNAISSANCES (quiz)

Autour de vous, vous entendez beaucoup de choses sur le cancer et ses causes. Il est parfois difficile de distinguer le vrai du faux.

Ce QUIZ vous permet de faire le tri.

 

 

Les facteurs de risque sont plutôt bien connus mais souvent relativisés. Faisons le point.

 

En surveillant mon alimentation et en pratiquant une activité physique je limite les risques de développer certains cancers ?

L'alimentation fait partie des comportements sur lesquels on peut agir pour prévenir les cancers mais la prévention du cancer par la nutrition ne peut se résumer à un aliment miracle. Il s’agit d’équilibrer ses consommations, en privilégiant ce qui protège et en réduisant ce qui peut contribuer à l’apparition d’un cancer.

L’alimentation agit à la fois comme un facteur de protection (les aliments reconnus pour leur rôle protecteur contre certains cancers, comme les fibres alimentaires) et un facteur de risque (les aliments qui, consommés en excès, favorisent le développement d'un cancer comme les boissons alcoolisées, les viandes rouges, les charcuteries et le sel).

Il est conseillé de consommer 

  • Au moins 5 portions de fruits et légumes par jour (par exemple, 3 portions de fruits et 2 légumes ou 4 de légumes et une de fruits), soit environ 400 g, quelle que soit leur forme (crus, frais, en conserve ou surgelés). Une portion équivaut à la taille d’un poing ou deux cuillères à soupe pleines, une tomate de taille moyenne, une poignée de tomates cerise, 1 poignée de haricots verts, 1 bol de soupe, 1 pomme, 2 abricots, 4-5 fraises, 1 banane…
  • Quotidiennement des produits laitiers (le lait et les boissons à base de lait, les yaourts, les petits suisses, les fromages blancs et les fromages (frais, affinés…), qui sont un facteur favorable à la prévention du cancer colorectal. Les produits à base de lait riches en graisses (beurre, crème) ou en sucres (crèmes dessert ou glaces) ne sont pas inclus sous l’appellation « produits laitiers » du Programme national nutrition santé (PNNS).
  • Il est conseillé de consommer chaque jour et à chaque repas des aliments contenant des fibres, tels que les aliments céréaliers complets et les légumes secs (lentilles, haricots secs…).
  • L'activité physique, qu'elle soit sportive ou pratiquée dans le cadre de la vie courante ou professionnelle, a de nombreux effets bénéfiques sur la santé, notamment pour la prévention de maladies chroniques comme les cancers.

En m’exposant au soleil sans protection, j’augmente mon risque de cancer ?

L’exposition au soleil est un facteur majeur d’augmentation du risque de cancers de la peau (mélanome). On peut prévenir les cancers de la peau en se protégeant des UV par des vêtements protecteurs, et en examinant sa peau de façon à signaler à son médecin tout changement d’aspect.

Vous pouvez prendre rendez-vous chaque année, sans passer par votre médecin traitant, chez un médecin dermatologue afin d'effectuer une consultation de dépistage du mélanome.

 

Il ne sert à rien d’arrêter de fumer puisqu’il existe un grand nombre de facteurs de risque de cancers ?

Il existe une multitude de facteurs de risque de cancers mais le tabac est de loin le principal facteur de risque évitable de cancers en France et dans le monde. Une étude montre que les fumeurs perdent en moyenne 10 ans de vie.

Arrêter le tabac est bénéfique pour la santé, quel que soit votre âge. Le risque de cancer diminue au fur et à mesure que passent les années sans tabac, il est presque réduit de moitié 5 ans après la dernière cigarette.

J’ai décidé de m’arrêter de fumer, la CNMSS peut m’aider dans ma démarche :

  • en prenant en charge les traitements par substituts nicotiniques (inhalateur, patch, pastilles, gommes...) à hauteur de 50 € par an. Liste des substituts nicotiniques remboursables.
  • Si je suis enceinte, si je suis bénéficiaire de la CMUC, si je suis patient en affection de longue durée (ALD) pour un cancer, ou si j'ai entre 20 et 30 ans, la prise en charge est de 150 €.

Le cannabis est-il cancérigène ?

Le cannabis est la substance illicite la plus consommée en France. Souvent qualifié de « drogue douce », il n’en reste pas moins une substance prohibée dont l’usage est interdit en France.

Le cannabis (également connu sous le nom de haschich ou de marijuana) est une plante. En France, le cannabis est consommé sous forme de « joint » la plupart du temps. Il existe donc, comme pour tous les produits fumés avec combustion, un dégagement de substances cancérigènes qui contaminent les cellules pulmonaires profondes par voie aérienne ; ces lésions peuvent évoluer en cancer du poumon
Par ailleurs, si le joint est consommé avec un filtre en carton, la fumée qu'il produit contient autant de monoxyde de carbone et de goudrons que trois à six cigarettes manufacturées.

 

L’alcool est un facteur de risque d’apparition d’un cancer ?

L’alcool est responsable de 15 000 décès par cancer par an. Il représente le deuxième facteur de risque de cancer après le tabac.

L'alcool est classé cancérigène pour l'homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).

Il n’est pas possible d’établir une frontière nette entre une consommation d’alcool qui serait sans risque pour la santé et une consommation dangereuse ou excessive. En effet, même une consommation faible présente des risques.

De plus quel que soit le type d'alcool consommé, les verres standards servis contiennent tous en général la même quantité d'alcool pur : un verre de vin aura donc le même effet cancérigène qu'un verre d'alcool fort.

Il a été démontré que le risque de développer un cancer des voies aérodigestives supérieures diminue après 10 ans d'arrêt de la consommation d'alcool et qu'après 20 ans, il ne diffère plus significativement de celui des personnes qui n'ont jamais bu.

Si vous estimez avoir besoin d'une aide pour limiter ou arrêter votre consommation d'alcool, vous pouvez en parler avec votre médecin traitant ou vous rendre dans un centre de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), qui peut vous proposer gratuitement un soutien ou un suivi individuel.

Vous pouvez aussi bénéficier d'une écoute et d'un soutien sur Internet via le site Alcool Info Service,
ou joindre ce service par téléphone au 0980 980 930 (de 8h à 2h, coût d'un appel local).

 

Les compléments alimentaires présentent-ils un risque vis-à-vis des cancers ?

Il a été démontré que la consommation de compléments alimentaires contenant du bêta-carotène à forte dose (égal ou supérieur à 20 mg/j) augmente le risque de cancer du poumon chez les fumeurs et chez les sujets exposés à l'amiante. Pour d'autres types de compléments alimentaires, la balance bénéfices/risques est incertaine.

Ainsi, sauf cas particuliers de déficit et sous contrôle d'un médecin, la consommation de compléments alimentaires n'est pas recommandée. Il est conseillé d'équilibrer et de diversifier son alimentation sans recourir à des compléments alimentaires.

 

Certains modes de cuissons augmentent-il le risque de cancer ?

Dans des conditions correctes d'utilisation, les modes de cuisson fritures, grillades, barbecue… n'ont pas d'impact sur le risque de cancers. Par ailleurs, aucun lien entre consommation d'aliments préparés au four à micro-ondes et risque de cancer n'a été identifié. En revanche, le réchauffage en four à micro-ondes ou en cuit-vapeur d'aliments placés dans des contenants alimentaires en plastique susceptibles de contenir du bisphénol A (BPA) est déconseillé. En effet, par exemple, l'exposition au BPA in utero pourrait favoriser, ultérieurement; des cancers chez les enfants.

 

Le cancer peut-il être initié par une infection ?

Il peut arriver que certains cancers se développent à partir d’une lésion bénigne qui est elle-même d’origine infectieuse.

  • Le cancer du col de l’utérus se développe à partir d’une lésion bénigne dont les cellules sont infectées par un virus, le Papillomavirus Humain (HPV). La vaccination protège contre l'infection par les papillomavirus responsables de 70 % des cancers du col de l'utérus. Elle est proposée aux jeunes filles âgées de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu'à 19 ans inclus. Cette vaccination est d'autant plus efficace que les jeunes filles n'ont pas encore été exposées au risque d'infection par le HPV.
  • Les hépatites virales B ou C peuvent, dans certains cas, participer au développement de cancer du foie. Il existe un vaccin efficace contre l'hépatite B et le dépistage de l'infection par les virus des hépatites B et C permet de mettre en place une prise en charge médicale précoce.
  • Certaines maladies d’origine virale, comme le SIDA, du fait de la diminution des défenses immunitaires, facilitent le développement de certains cancers.
  • Par ailleurs, une bactérie, Helicobacter pylori, est en cause dans la plupart des cas de cancers de l'estomac. Lorsqu'elle est diagnostiquée, cette infection relève d'un traitement antibiotique qui contribue à prévenir la survenue d'un cancer de l'estomac. L'infection par Helicobacter pylori toucherait 20 à 50 % de la population française mais elle ne provoque le développement d'un cancer de l'estomac que dans moins de 1 % des cas. Ce risque est plus important lorsqu'il existe des antécédents familiaux (père/mère, frère/sœur, enfant) de cancer de l'estomac.

Ça ne sert à rien de se faire dépister pour un cancer quand on n’a pas de symptôme ?

Le but du dépistage est de mettre en évidence une anomalie le plus précocement possible, en l'absence de signes, avant que la maladie ne s'aggrave. Une mammographie par exemple peut permettre de déceler des lésions trop petites pour être perçues à la palpation. Ces lésions peuvent être bénignes, mais s'il s'agit d'un cancer, plus il sera détecté tôt, moins son traitement sera lourd et plus grandes seront les chances de guérison.

En France, deux types de cancers font l'objet d'une campagne nationale de dépistage :

  • Un dépistage organisé du cancer colorectal est proposé tous les 2 ans aux hommes et femmes âgés de 50 à 74 ans révolus résidant sur tout le territoire métropolitain et dans les DOM.
  • Un dépistage organisé du cancer du sein s’adresse aux femmes âgées de 50 à 74 ans révolus, résidant sur tout le territoire métropolitain et dans les DOM.

Le cancer peut-il être dû au stress ou à un choc psychologique ?

Il n'a jamais été démontré qu'un choc psychologique lié à un événement de vie stressant (le décès d'un proche, un licenciement, un divorce...) pouvait provoquer un cancer. De nombreuses études scientifiques ont exploré cette hypothèse, couramment répandue, mais elles n'ont pas permis de conclure à un rôle direct de facteurs psychologiques dans l'apparition d'un cancer.

 

Peut-on prémunir les enfants de certains risques de cancer à l'âge adulte ?

Vous pouvez aider votre enfant à limiter son risque d'être atteint d'un cancer à l'âge adulte :

  •  avoir une hygiène de vie saine pendant et après la grossesse (en particulier ni tabac, ni alcool) ;
  •  ne pas fumer en leur présence : les enfants sont encore plus sensibles au tabagisme passif que les adultes ;
  •  leur proposer une alimentation équilibrée et surveiller leur prise de poids ;
  •  les encourager à pratiquer au moins une heure d'activité physique par jour ;
  •  les protéger du soleil (crème, chapeau, t-shirt, lunettes).

Source : Institut National du cancer (INCa)

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Dernière mise à jour de l'article : 23/02/2016